La disparition, ou l’angoisse du monde

La vraie angoisse du monde, à l’heure actuelle, ne se situe pas, quand il est question d’avoir ou de n’avoir pas, d’être ou de ne pas être, de posséder ou ne de pas posséder, de vivre ou de ne pas vivre, au moment de l’apparition ; le moment de l’angoisse n’est pas celui de l’obtention, de l’accession, de l’acquisition, de la naissance à une réalité, de la création – tout cela est en quelque sorte célébré au grand jour, félicité, facilité. Même le manque, état qui précède l’apparition de la chose ou de l’état, est en fait un moment d’anticipation, de tension positive vers l’objectif ; c’est même, précisément, le moteur de toute l’activité sociale, la base de tout processus de valorisation.

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Un appel à la dissidence critique

Il convient maintenant de se recentrer et de se concentrer sur ce qui doit impérativement être fait. Si au plan stratégique, le terrain de la lutte de classe présente toujours, déjà du temps de Marx et Engels, la nécessité d’une réadaptation constante ; et s’il est vrai que la réalité de la lutte de classe aujourd’hui a un visage entièrement différent qu’aux siècles précédents, il n’en demeure pas moins que la base théorique ne fait que confirmer, à chaque retournement, à chaque événement, à chaque crise, son adéquation avec les faits.

Nous vivons en 2020 le début d’une crise majeure à l’échelle mondiale d’une ampleur jamais connue par le passé. Cette crise a à bien des égards dans ses développements un caractère spécifique, une originalité propre. Mais elle ne surgit pas de nulle part, et les outils théoriques permettant une analyse et une compréhension juste de ses déterminations nous sont connus depuis déjà longtemps.

Il faut donc, plus que jamais en cette époque de révolution qui s’amorce, continuer à creuser pour comprendre ce qui se passe réellement, en quoi spécifiquement la situation de la lutte de classe diffère d’avec ce qu’elle fut dans le passé, quels outils théoriques nous permettent d’y arriver, et quelles sont les limites théoriques qu’il convient de dépasser pour parfaire cette compréhension. Et, du même mouvement, dans la pratique, établir ce qui doit être fait en général, comment cela peut être accompli et à quels niveaux il faut concentrer l’action.

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PC et projet communiste

En réponse à Aux yeux de la philosophie dialectique, rien n’est établi pour toujours, rien n’est sacré d’Antoine Manessis.

Je ne suis ni un exégète de Marx, ni particulièrement informé sur le destin du PC de France, n’étant pas Français. Mais il me semble reconnaître dans cet état des faits une rengaine qui ne date pas d’hier.

Jamais la classe ouvrière ne se ralliera autour d’un projet communiste en prenant pour direction un parti lui-même intérieurement divisé. Comment la division intérieure pourrait ne pas résulter en divisions extérieures ? Il m’apparaît que le problème du PC tient à ce qu’il s’attache à une structure de parti d’une époque désormais révolue. Pour employer une formule hégélienne, le temps est peut-être venu pour le PC de « sortir de lui-même » pour enfin « revenir à lui-même », sur un niveau supérieur. Autrement dit, le parti « en soi », s’il demeure à ce niveau, est condamné à errer.

S’il faut rallier, alors il faut rallier autour d’une base théorique commune et solide, et mettre de côté un instant les querelles de chapelles stériles. Or cette base essentielle existe, de toute évidence, et s’avère d’une solidité implacable : l’analyse économique de Marx, des contradictions du capital et de son éventuelle auto-invalidation, se réalise pleinement sous nos yeux en ce moment même. Plus que souhaitable, la large diffusion de la compréhension marxiste redevient aujourd’hui nécessaire pour atteindre à la conscience de classe et espérer sortir de cette crise. La résolution de cette crise totale ne viendra pas de la classe capitaliste, mais de la classe exploitée elle-même. Voilà, il me semble, la clé de voûte de la doctrine marxiste : « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. »

Le projet communiste concerne ultimement l’ensemble des humains : il dépasse largement le champ d’action d’un seul parti politique. Or voilà ce que les communistes — peu importe le parti — doivent chercher à faire : rallier la totalité des humains. Et si cela ne peut se faire en faisant entrer tous les humains dans un parti, c’est au parti qu’il appartient de sortir de lui-même et d’aller vers l’ensemble des humains.

Le regretté Lucien Sève, dans ses dernières années, indiquait une voie à suivre qui est pleine de bon sens : répertorier minutieusement chacune des initiatives, à tous les niveaux envisageables, qui vont déjà dans le sens du communisme, pour y prêter éventuellement main forte et en faire au passage une critique constructive sur la base de la connaissance critique marxiste. Si le parti s’attelait à cette vaste tâche — de façon non-exclusive et sans chantage politique : en acceptant de collaborer ouvertement avec tous ceux qui y travaillent déjà, qu’ils se considèrent ou non communistes –, non seulement cela lui permettrait de sortir de lui-même et de ses querelles théoriques insolubles, mais il trouverait nécessairement une foule d’opportunités de mobiliser ses ressources pour contribuer concrètement au développement effectif d’une force communiste beaucoup plus large et populaire. En toute logique, les nécessités réelles rencontrées sur le terrain prendront le pas sur tous les présupposés théoriques, et c’est à ce moment que la théorie pourra révéler pleinement toute sa richesse pratique.

Les contradictions du capitalisme ne peuvent que devenir de plus en plus sensibles dans les années qui viennent. Or seule la critique marxiste fournit les outils théoriques nécessaires pour les comprendre. Voilà ce qui importe.

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Distinction et indistinction

La réflexion riche-en-esprit consiste en l’acte de distinction, de saisie et d’énonciation de la contradiction.

HEGEL, Science de la logique.

L’argent apparaît comme la puissance de perversion de l’individu et des liens sociaux… Il transforme la fidélité en infidélité, l’amour en haine, la haine en amour, la vertu en vice, le vice en vertu, le valet en maître, le maître en valet, le crétinisme en intelligence, l’intelligence en crétinisme.

Comme l’argent, qui est le concept existant et agissant de la valeur, confond et échange toute chose, il en est l’indifférenciation et la permutation universelles. Il est le monde à l’envers, l’indistinction et l’inversion de toutes les qualités naturelles et humaines.

MARX, Manuscrits de 1844.
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En ce qui concerne l’opposition

En ce qui concerne l’opposition : la grandeur de l’esprit se mesure à sa capacité à se détacher rationnellement, à se jucher au-dessus de l’émotion immédiate pour saisir la réalité au-delà du phénomène. Toute chance qui se présente d’éprouver (de mettre à l’épreuve) sa représentation du monde sera, pour l’esprit rationnel, saisie comme telle : une chance, une opportunité d’élévation, de réfutation ou de confirmation, l’atteinte à un niveau de confiance en soi supérieur. Ainsi, l’esprit raisonnable, lorsque frappé d’un sentiment d’insécurité face à un argument apparemment en opposition avec ses propres inceptions, saura saisir au vol ce sentiment pour le transformer en la joie d’envisager sa propre fortitude à venir.

La peur de se tromper doit faire place à la quête enthousiaste de la vérité.

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Vocation, facteurs de rentabilité et cybernétique

Vocation

Pour le capital, la vocation est un coefficient d’exploitabilité dans la vaste équation sociale du taux de profit.

Facteurs de rentabilité

Dans la matrice quantitative, tout phénomène est décomposable en facteurs de rentabilité.

Cybernétique

Nous sommes aujourd’hui confrontés à la plus vaste et la plus terrible cybernétique de tous les temps.

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Hyper-dreamin’

I dream of a world
All my friends a’ there
But som’thin’s changed

How come I still wanna love my ghetto?
The worst fuckin’ place I know
Even the people I care for
Numbers are really low

What is it? I don’t get
There’s something dirty in all that —
Filthy, nasty — going ’round here
And it’s not just here:
It’s taken over whole America
The entire world, bro!

All we should care about
All our parents cared about
Well, the old folks, they did care
Y’all feel it’s hopeless now
It’s small things, simple things
The streets, the neighbourhood
The school!
It’s like we don’t care anymore
It’s like we’ll never win
It’s like we can’t care no less

Like we given up

We given up what we are
We given up what makes us a community
We given up what makes you somebody
In the community

We’re all alone.
Isolated.
That can’t get us anywhere.

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Le problème de la valeur : la société, l’argent, le travail

1. Valeur et rapport social

Il faudra toujours produire.
C’est la définition même de la vie.

Donc, le problème n’est pas la production en tant que telle.

Le problème n’est pas l’échange.
Il est naturel de donner, de partager.
Il est naturel de donner en retour.
Là-dessus, le capitalisme n’a rien inventé.

Le problème, c’est que le rapport social s’efface dans le moyen d’échange. C’est qu’on en soit venus à trouver normal de prendre sans remercier quand on a l’argent pour se le payer. C’est qu’il soit devenu normal de se faire prendre ce qu’on a sans la moindre reconnaissance pour l’effort qu’on y a mis, parce qu’on a besoin de cet argent avec lequel on est dédaigneusement payé pour aller prendre comme son dû à un autre ce dont on a besoin pour vivre.

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