Featured

Pandémie : la réalité derrière les apparences

La pandémie et l’incompétence des gouvernements sont bien réels. Mais derrière, se cache la réalité de la plus grande crise financière mondiale de l’histoire. La pandémie est le prétexte, la « raison extérieure » nécessaire pour justifier les mesures qui sont et seront prises, les gouvernements seront les boucs-émissaires qu’on nous demandera de désigner du doigt au moment de porter le blâme de l’effondrement économique inévitable.

Soyez méfiants au plus haut point possible des successeurs « éclairés » à venir qui vous offriront des solutions de relance impliquant votre propre mise en esclavage. Il faut résister mentalement, s’insurger physiquement, se cabrer contre l’ordre planétaire qu’on voudra alors nous imposer de force.

Partager :

PC et projet communiste

En réponse à Aux yeux de la philosophie dialectique, rien n’est établi pour toujours, rien n’est sacré d’Antoine Manessis.

Je ne suis ni un exégète de Marx, ni particulièrement informé sur le destin du PC de France, n’étant pas Français. Mais il me semble reconnaître dans cet état des faits une rengaine qui ne date pas d’hier.

Jamais la classe ouvrière ne se ralliera autour d’un projet communiste en prenant pour direction un parti lui-même intérieurement divisé. Comment la division intérieure pourrait ne pas résulter en divisions extérieures ? Il m’apparaît que le problème du PC tient à ce qu’il s’attache à une structure de parti d’une époque désormais révolue. Pour employer une formule hégélienne, le temps est peut-être venu pour le PC de « sortir de lui-même » pour enfin « revenir à lui-même », sur un niveau supérieur. Autrement dit, le parti « en soi », s’il demeure à ce niveau, est condamné à errer.

S’il faut rallier, alors il faut rallier autour d’une base théorique commune et solide, et mettre de côté un instant les querelles de chapelles stériles. Or cette base essentielle existe, de toute évidence, et s’avère d’une solidité implacable : l’analyse économique de Marx, des contradictions du capital et de son éventuelle auto-invalidation, se réalise pleinement sous nos yeux en ce moment même. Plus que souhaitable, la large diffusion de la compréhension marxiste redevient aujourd’hui nécessaire pour atteindre à la conscience de classe et espérer sortir de cette crise. La résolution de cette crise totale ne viendra pas de la classe capitaliste, mais de la classe exploitée elle-même. Voilà, il me semble, la clé de voûte de la doctrine marxiste : « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. »

Le projet communiste concerne ultimement l’ensemble des humains : il dépasse largement le champ d’action d’un seul parti politique. Or voilà ce que les communistes — peu importe le parti — doivent chercher à faire : rallier la totalité des humains. Et si cela ne peut se faire en faisant entrer tous les humains dans un parti, c’est au parti qu’il appartient de sortir de lui-même et d’aller vers l’ensemble des humains.

Le regretté Lucien Sève, dans ses dernières années, indiquait une voie à suivre qui est pleine de bon sens : répertorier minutieusement chacune des initiatives, à tous les niveaux envisageables, qui vont déjà dans le sens du communisme, pour y prêter éventuellement main forte et en faire au passage une critique constructive sur la base de la connaissance critique marxiste. Si le parti s’attelait à cette vaste tâche — de façon non-exclusive et sans chantage politique : en acceptant de collaborer ouvertement avec tous ceux qui y travaillent déjà, qu’ils se considèrent ou non communistes –, non seulement cela lui permettrait de sortir de lui-même et de ses querelles théoriques insolubles, mais il trouverait nécessairement une foule d’opportunités de mobiliser ses ressources pour contribuer concrètement au développement effectif d’une force communiste beaucoup plus large et populaire. En toute logique, les nécessités réelles rencontrées sur le terrain prendront le pas sur tous les présupposés théoriques, et c’est à ce moment que la théorie pourra révéler pleinement toute sa richesse pratique.

Les contradictions du capitalisme ne peuvent que devenir de plus en plus sensibles dans les années qui viennent. Or seule la critique marxiste fournit les outils théoriques nécessaires pour les comprendre. Voilà ce qui importe.

Partager :

Distinction et indistinction

La réflexion riche-en-esprit consiste en l’acte de distinction, de saisie et d’énonciation de la contradiction.

HEGEL, Science de la logique.

L’argent apparaît comme la puissance de perversion de l’individu et des liens sociaux… Il transforme la fidélité en infidélité, l’amour en haine, la haine en amour, la vertu en vice, le vice en vertu, le valet en maître, le maître en valet, le crétinisme en intelligence, l’intelligence en crétinisme.

Comme l’argent, qui est le concept existant et agissant de la valeur, confond et échange toute chose, il en est l’indifférenciation et la permutation universelles. Il est le monde à l’envers, l’indistinction et l’inversion de toutes les qualités naturelles et humaines.

MARX, Manuscrits de 1844.
Partager :

Le problème de la valeur : la société, l’argent, le travail

1. Valeur et rapport social

Il faudra toujours produire.
C’est la définition même de la vie.

Donc, le problème n’est pas la production en tant que telle.

Le problème n’est pas l’échange.
Il est naturel de donner, de partager.
Il est naturel de donner en retour.
Là-dessus, le capitalisme n’a rien inventé.

Le problème, c’est que le rapport social s’efface dans le moyen d’échange. C’est qu’on en soit venus à trouver normal de prendre sans remercier quand on a l’argent pour se le payer. C’est qu’il soit devenu normal de se faire prendre ce qu’on a sans la moindre reconnaissance pour l’effort qu’on y a mis, parce qu’on a besoin de cet argent avec lequel on est dédaigneusement payé pour aller prendre comme son dû à un autre ce dont on a besoin pour vivre.

[Société ?]

Je dis que c’était le rapport social qui s’effaçait dans la transaction. J’aurais pu dire que c’était le rapport social « vrai » qui s’effaçait, que le rapport social, en se réduisant à un échange dénué d’amour, de chaleur et de passion — puisque ce rapport purement transactionnel n’en a tout simplement pas besoin — que ce rapport social se dégradait. Comme s’il y avait un rapport social qui puisse être « vrai », authentique, ressenti et partagé. Et c’est là que je me trompe.

Ce que j’ai exprimé de la sorte comme par automatisme relève en fait d’un lieu commun : l’humain est un être social. C’est pourtant tout faux. La société n’est pas mal en point parce qu’elle se serait dégradée, passant d’un état antérieur plus humain, plus naturel, à l’état de déliquescence actuel, parce qu’on se serait trompé en chemin, parce qu’on aurait pas fait gaffe, parce qu’on aurait péché par quelque faute morale d’égoïsme, par quelque perversité inavouable. Ça, c’est ne pas connaître son histoire !

La vérité [humaine] ne se trouve pas dans la société : la société est elle-même le produit historique de cette séparation ontologique entre l’activité de l’humain et le produit de sa production. Le rapport social n’est jamais qu’une forme particulière de rapports de production.

[Communauté]

Le rapport social est un rapport marchand, aliénatoire, impersonnel et inhumain.

C’est contre lui qu’il faut se soulever, s’élever à jamais.

L’humain n’est [certes] pas un être [strictement] individuel ; mais c’est bien plutôt dans la communauté humaine qu’il réalise son unité, alors que toute l’histoire du développement de la société est de facto l’histoire tragique de cette unité brisée, morcelée, écartelée, dépecée et empaquetée pour être mise en marché.

L’humain est un être communautaire dont l’unité s’est brisée dans le mensonge du rapport social. Le rapport social est un rapport marchand, aliénatoire, impersonnel et inhumain.

C’est contre lui qu’il faut se soulever, s’élever à jamais.

[Échange, moyen d’échange]

Le problème, ce n’est pas tant le moyen d’échange. C’est son échelle. C’est son monopole sur toute possibilité d’échange. C’est la réduction, par le moyen d’échange, de toute valeur qui soit, de toute diversité de la possibilité de tous les valoirs à la seule valeur d’échange.

On pense généralement qu’on ne pourrait se passer de l’argent parce que sans argent, on ne pourrait rien faire. Mais c’est précisément l’inverse : c’est parce qu’il est nécessaire qu’on ne puisse pas s’en passer qu’on s’est bien assuré qu’on ne puisse arriver à rien sans argent.

C’est cela que l’on nomme : aliénation.

Il aura fallu d’abord déposséder les humains de leur capacité à produire leur propre existence pour que l’argent puisse accéder à son autonomie propre. L’argent est par essence dépossession perpétuelle en mouvement. L’argent, l’aliénation, la dépossession n’est pas une chose : c’est un mouvement. Et c’est un mouvement qui ne peut aller que dans une direction : toujours plus d’argent, d’aliénation et de dépossession.

C’est donc un mouvement qui atteint fatalement tôt ou tard ses limites objectives. Quand il n’y aura plus rien à aliéner, qu’adviendra-t-il de l’argent ? Comment le mouvement d’aliénation pourrait-il continuer à mouvoir ?

2. Valeur et représentation

Il y a le travail et il y a l’argent. Le travail consiste essentiellement à échanger le produit d’une activité sociale contre de l’argent. Or, l’argent n’est pas le produit du travail, et le travail ne produit pas de l’argent, au sens de produit d’une activité sociale. Et s’il le fait, c’est tout autre chose : on ne paiera pas l’employé de banque qui émet un contrat d’hypothèque, ou le fonctionnaire de la Fed qui crée un milliard de dollars — même en incorporant le coût de l’ordinateur dont il aura besoin pour le faire — à la hauteur de la valeur d’échange mise en circulation.

Ce que le cartel financier produit lorsqu’il émet de l’argent n’a pas de valeur comparable avec la valeur escomptée du produit du travail éventuel qu’on espère mobiliser avec cet argent. Il ne produit en fait que le mensonge nécessaire à cette mobilisation. C’est pourquoi il est nécessaire, pour qu’elles puissent avoir quelque crédibilité, que les promesses en l’air de l’émission monétaire soient à adossées à quelque forme de garantie, bons du trésor ou autres liabilities, à d’autres promesses en l’air de production future. Même si l’appareil financier s’assure au passage de se graisser abondamment la patte lorsqu’il en active le mécanisme, la valeur qu’il produit en accomplissant sa besogne comptable n’a aucune mesure avec la valeur du produit total de travail qu’il faudra dorénavant mettre en mouvement pour faire respecter les promesses que ce nouvel argent représente contractuellement.

Il n’y a, donc, pas d’équivalence entre la valeur concrète, effective du produit du travail (mon nouveau iPhone, tuyau réparé, etc.) et la valeur monétaire, abstraite et virtuelle, de la monnaie utilisée pour rétribuer ce travail.

Saveur, forme, couleur, provenance, personne : absolument tout est indistinct en face de la valeur d’échange. Il n’y a plus de richesse possible, en termes de qualités, au regard de l’instrument de la richesse quantitative.

Il y a échange effectif de valeurs d’usage variées, différentes tant dans la forme que dans la qualité, mais par la médiation de la forme monétaire, pure représentation de valeur abstraite, qui ne peut fonctionner qu’en aplatissant toute qualité particulière envisageable à une seule et unique qualité abstraite universellement quantifiable : le prix. Seule une telle abstraction est en mesure d’établir un rapport rationnel immédiat, froidement comptable, entre la pluralité infinie des productions humaines aux qualités diverses. Saveur, forme, couleur, provenance, personne : absolument tout est indistinct en face de la valeur d’échange. Il n’y a plus de richesse possible, en termes de qualités, au regard de l’instrument de la richesse quantitative.

Et puisque l’argent, dans son mouvement unidirectionnel perpétuel d’aliénation, entraîne dans son élan de dépossession la totalité de la production humaine, il ne faut pas s’étonner qu’il entraîne avec lui au fond du gouffre toute possibilité de qualité humaine.

Les humains ne sont plus aujourd’hui que des nombres qu’il faut mater, qu’il faut « mather » en équations dérisoires, en inputs-outputs, coûts-bénéfices et facteurs de risque, production-destruction, crédits-consommation, taux de croissance et d’intérêts, chômage de masse et pandémies.

Tout sera dorénavant « de masse ».

Tout sera dorénavant « de masse », puisque dans ce mouvement de dépossession de nos qualités humaines, c’est précisément ce que nous sommes devenus au regard de l’argent : une masse informe et dépourvue de qualités, de laquelle il convient d’extraire toute la valeur résiduelle possible.

L’homme n’est plus qu’une abstraction, et c’est sur cette abstraction que repose toute valeur abstraite. Or, ce que les captateurs de cette richesse accumulatoire oublient, c’est que derrière toute valeur valable, il doit y avoir une valeur réelle, il se cache en fait du travail bien concret, l’activité réelle de vrais humains. Et ceux-ci pourraient très bien refuser de se laisser traiter comme vous le faites. Le soulèvement, lui aussi, sera « de masse ».

Partager :

La commune, la pandémie, le gouvernement mondial et les idées

La commune

Comment la communauté reprendra le contrôle — et coupera les vivres à l’oligarchie.

La pandémie

La pandémie, c’est la grève générale illimitée — les revendications en moins.

Le gouvernement mondial

Le gouvernement mondial contrôle nos esprits. Il veut maintenant le parfait contrôle sur les corps.

Les idées

Les idées n’adviennent jamais que lorsqu’elles sont appelées par les nécessités pratiques matérielles.

Partager :

N’OUBLIEZ PAS VOS RÊVES

Rêves d’amour, d’amitié, de famille et d’abondance.

Laissez tomber les aquisitions et les nouveaux plans hypothécaires. Il faut revoir à la baisse toutes les mainmises et les servitudes du propriétariat. On ne passera pas dans l’avenir en traînant le fardeau de ce que l’on croit posséder sans le partager.

Ce qui fera la différence, ce n’est pas ce que nous avons. Ce qui fera la différence, c’est ce que nous sommes.

Partager :

Étalon de valeur et moyen d’échange non thésaurisable : le kilowattheure

C’est une idée qui m’avait « illuminé » autour de 2010 ! Je réfléchissais déjà depuis longtemps aux possibilités d’une monnaie alternative (pour faire court, disons seulement que le problème de la monnaie est plutôt central pour notre monde contemporain). À cette époque je planchais sur un système particulier d’optimisation de ressources informatiques en réseau qui prendrait en compte le coût des ressources pour les assigner de façon optimale. Comment quantifier les coûts de façon universelle sans baser tout le système sur une devise fiat en particulier ? Pour ça, ça nous prend une unité de mesure universelle dont la grandeur numéraire peut facilement être déduite de sa valeur en monnaie locale, peut importe la devise utilisée localement. Ainsi, on pourrait assigner les coûts de chaque ressource (coût du matériel amorti par unité de temps, coûts de stockage, temps CPU, utilisation de la mémoire, bande passante réseau, coûts en électricité, etc.) en utilisant un étalon de valeur universel.

Ressource économique quantifiable universelle ultime, l’énergie correspond parfaitement à une telle définition. Sa quantification en unités SI est commune et sa valeur sur le marché étant facilement vérifiable, la conversion des grandeurs de valeur est relativement simple. Se transigeant actuellement dans la magnitude des 10 cents, le kilowattheure (kWh) offre une unité de valeur qui est également proche des monnaies fiat conventionnelles.

  • Unité du système international, déjà connue et utilisée universellement
  • Valeur facilement comparable et convertible avec les monnaies fiat conventionnelles
  • Notation normalisée (kWh), courte et déclinable à l’envi (mWh, Wh, kWh, MWh, etc.)

Avantages conceptuels

Mais ça ne s’arrête pas là. Le kWh offre plusieurs avantages conceptuels supplémentaires qui en font une unité de mesure idéale pour l’échange économique :

  • D’abord, le fait que sa mesure puisse être directement mise en relation avec d’autres grandeurs physiques dans les calculs élimine la nécessité d’une « couche d’abstraction comptable » superflue dans les calculs d’ingénierie et de planification logistique.
  • Ensuite, le fait qu’une grandeur physique d’énergie réelle (« mesure de la capacité d’un système à modifier un état, à produire un travail ») puisse être mise directement en relation avec la notion de travail (puissance développée pendant un temps donné) et donc de force de travail — sachant que la seule chose qui puisse produire de la valeur, c’est précisément le travail — on met ainsi conceptuellement la valeur directement en relation avec le processus de production de valeur.

Mesure d’énergie développée pour transformer le système, le kilowattheure reconnait immédiatement le travail dans toute forme de valeur.

La valeur d’une marchandise ou d’un service est bel et bien déterminée par la quantité de travail nécessaire pour produire ceux-ci (les détracteurs de la théorie économique qui a recours à la notion de « travail abstrait » ne comprennent tout simplement pas que la réalité de l’abstraction elle-même du travail universel est déjà posée par le problème très concret de l’universalisation de l’échange et que les « facteurs d’abstraction » sont eux-mêmes tributaires du travail tout à fait concret d’autrui). Mesure d’énergie développée pour transformer le système, le kilowattheure reconnait immédiatement le travail dans toute forme de valeur. Voilà qui devrait nous changer, conceptuellement, des habitudes aquises avec le dollar !

Les garanties d’une valeur objective concrète

Le marché de l’énergie n’est certes pas à l’abri des fluctuations. Il est même, par ses déterminations géopolitiques et son intrication intime avec la totalité des marchés, des plus complexes à saisir dans son ensemble. Mais la valeur de l’énergie à titre d’étalon de valeur offre un avantage indéniable sur les monnaies conventionnelles : elle est objectivement liée à la production réelle et s’assure ainsi d’avoir une valeur à tout moment, et ce, quoiqu’il advienne. Une telle garantie est tout à fait manquante chez les monnaies nationales et supranationales, dont la valorisation est sujette à toutes sortes de facteurs arbitraires (puisqu’éminemment politiques) et peuvent, fait important, s’effondrer complètement à tout moment. C’est arrivé plus d’une fois, et je serais même disposé à croire qu’elles sont toutes condamnées à le faire tôt ou tard. Mais cela sera le sujet d’une autre discussion.

Kilowattheure et thésaurisation

Par définition, l’énergie est utilisée pour accomplir un travail au moment où elle est produite, développée. Ceci est différent des métaux précieux, comme l’or et l’argent, qui ont été choisis historiquement pour leurs qualités intrinsèques, en particulier la possibilité de thésaurisation, c’est à dire de les accumuler pour faire accumulation de valeur. Ceci n’est pas entièrement impossible avec l’énergie : ont peut stocker du pétrole ou charger une batterie. Mais toujours avec un coût technique important (il faut construire des réservoirs ou fabriquer des batteries) et une certaine dévalorisation (on perd de l’énergie à la stocker). Tandis qu’avec les métaux précieux, il suffit de les mettre dans sa poche.

Donc le kilowattheure n’est pas thésaurisable. Convenons-en : cela ne constitue en rien une garantie contre les dérives de l’accumulation capitaliste. Rien n’empêcherait la banque de tenir ses registres et de collecter ses intérêts sur des kilowattheures fiduciaires, en nombres bien rangés en colonnes de débits et de crédits. C’est d’ailleurs précisément ce qui se passe aujourd’hui pour n’importe quelle monnaie fiduciaire : il n’existe plus aucun réservoir de valeur concrète derrière la valeur de notre argent. Ni or, ni argent.

Mais le kilowattheure en tant qu’étalon de valeur, en illustrant parfaitement le caractère immédiat de la valeur, établit la liaison entre la valeur et le travail qui la produit. Ainsi, même la valeur d’une once d’or (réel) est déterminée par ce qu’il en coûterait pour la produire à nouveau.

Ce rapport entre la valeur thésaurisée, le coût de production et l’énergie comme mesure de travail est splendidement illustré par l’exemple contemporain du Bitcoin, unité virtuelle d’échange et de thésaurisation électronique. Sans se perdre dans les détails techniques du fonctionnement des crypto-monnaies, soulignons seulement ceci : abstraction faite des fluctuations dûes à la spéculation, la valeur de marché du Bitcoin tend naturellement à être exactement égale au coût de l’électricité globalement nécessaire à la production du prochain Bitcoin ! Contrairement aux monnaies fiduciaires, négatives, car basées sur le crédit (leur valeur est garantie par les promesses d’une production future), le Bitcoin est une monnaie dont la valeur est immédiate et positive : mais c’est un gaspillage éhonté d’énergie, si vous voulez mon avis !

À suivre !

Partager :

Écartèlement mental général

Rapport au monde
⮩ Internaliser (comprendre)Rétroaction !
(action au monde)
🠔 c’est ici que ça se passe pas !
⮩ Concrétiser (agir)

Le rapport au monde est un rapport social.

Il y a quelque chose à comprendre.
Il y a quelque chose à faire.

On vit dans une gigantesque chambre d’écho !

Il faut à tout prix sortir de l’imposture de la représentation.

Partager :

Pourquoi nous changerons le monde

Pour en finir avec la marchandise, dévalorisation de l’activité humaine par la réduction de toute valeur à la seule valeur d’échange, réduction incohérente du qualitatif au quantitatif.

Pour en finir avec l’opinion, unité individuelle de la confusion généralisée, pierre angulaire des idéologies, appareil de confusion entre la réalité objective (connaissance) et les sentiments de l’intétêt personnel et collectif (désir).

Pour en finir avec la démocratie qui prétend partager la responsabilité en privant des conditions de son exercice, dictature du nombre sur le réel, impropre à toute prise en charge optimale, comme si le vrai se trouvait au seuil despotique de la majorité.

Pour en finir avec la soumission. Nous ne voulons pas d’un gouvernement plus juste, d’emplois plus humains, d’une fiscalité plus équitable : nous voulons la pleine justice, une activité pleinement humaine, la fin de la domination de l’argent, la fin de la subordination des destinations collectives au despostisme monétaire.

Pour libérer l’activité humaine. Nous voulons de l’art et de la grâce dans chacun de nos gestes, nous voulons en toute chose être motivés par l’amour, la bienvaillance, l’empathie, l’enthousiasme, la passion : nous voulons une vie qui fasse du sens.

Partager :

Il faut parler d’émancipation

Dans le texte précédent («Faire témoignage de résistance»), j’essayais d’articuler les implications dialectiques de l’antagonisme soumission-résistance. C’est sûr qu’en partant du niveau de développement actuel (apparent) de la conscience au sein du public, ça n’annonce rien de réjouissant. Je ne suis pas certain que ce soit la manière la plus efficace de passer le message ! Je me suis moi-même senti passablement découragé après relecture.

Si on veut s’en sortir, faut faire vibrer la volonté passionnée d’un monde différent. Il faut ouvrir les imaginaires sur les possibilités infinies d’un monde sans argent. Faire comprendre que l’homme est assez grand et qu’il peut se faire confiance. Désigner l’imposture, certes, mais surtout pour aperçevoir le potentiel humain auquel elle barre la route.

Il faut parler d’émancipation. Aider l’émancipation à jaillir dans les esprits, les coeurs, les corps. Pour renverser toutes les aliénations, il faut déjà commencer à s’émanciper. Ce monde possible, nécessaire, il faut déjà le construire, le mettre en mouvement.

Quand on fait dans la com’, il y a, veut, veut pas, une posture à prendre. On peut rester honnête assis, couché ou debout. L’essentiel est d’être honnête. Mais c’est décisif de se tenir debout.

Voyons maintenant pourquoi nous changerons le monde.

Partager :

Faire témoignage de résistance

Je suis un matérialiste. Je crois que le monde objectif suffit à expliquer son propre développement, contient en lui-même ses propres déterminations, indépendemment de toute interférence « extérieure », de quelque intervention qui aurait son origine dans un éventuel « ailleurs », un « au-delà » idéal ou para-réel.

Cette approche n’élimine pas toute possibilité de transcendance — tout au contraire. Celle-ci devient même une évidence. Mon « au-delà » ne se situe pas « ailleurs » : c’est l’avenir, le devenir du monde lui-même. En prenant conscience que ma propre vie, mon existence personnelle toute relative s’inscrit dans un processus bien plus vaste que moi, la substance de ce « moi », mon identité, dépasse ma petite personne, admet que ce qui constitue son essence subsistera après ma mort. Une telle conception de l’Être et de son articulation au monde ouvre bien des horizons sur son propre devenir, sur le devenir humain.

Rien de bien original, au demeurant. De tout temps les humains ont toujours voulu améliorer leur condition et espéré un avenir meilleur. Or s’il y a une chose qu’il faut garder immuablement à l’esprit, c’est bien cela.

Car cette détermination essentielle du genre humain est lourdement mise à mal en ce moment-même. Phénomène historiquement très récent, on colporte aujourd’hui l’idée que l’avenir sera de plus en plus sombre. Tout l’appareil médiatique s’est mis en branle pour nous sensibiliser aux fatalités économiques, environnementales et (dorénavant) sanitaires qui vont s’abattre sur nous et exclure d’emblée un avenir plus radieux. Terminées les promesses du progrès perpétuel !

Il est impératif en cette époque particulière de « grandes tribulations » de ne pas abdiquer de la mission trans-historique fondamentale de l’humanité : celle qui consiste à développer ingénieusement ses capacités à transformer le monde pour rendre ses conditions d’existence et celles de sa descendance meilleures.

Ce qui nous est présenté comme des fatalités ne le sont en réalité que dans la mesure où on ne remet pas en question certains fondamentaux que nos prophètes de malheur voudraient indiscutables.

Les médias de propagande nous mentent en permanence — non pas parce qu’ils feraient mal leur travail, mais parce qu’ils ne peuvent accomplir qu’ainsi leur fonction sociale. Le mensonge cache le secret du monde, parce que celui-ci doit demeurer caché. Mais ce faisant, il désigne de plus en plus clairement ce qu’il cherche à cacher.

Et le seul fait que le système économique entier repose sur le mensonge — la dissimulation de son secret — devrait suffire à l’invalider. Cela démontre qu’il participe d’une vision du monde erronée, incompatible avec la réalité.

Il ne pourra pas durer éternellement. Mais soyons lucides : il essaiera de se maintenir à tout prix aussi longtemps que possible. Au prix de lendemains toujours plus en inadéquation avec les réalités humaines et environnementales, ce qui se traduira par toujours plus de misères, de déceptions, de répression, de conflits, de destruction, de famines, de maladies, de catastrophes et de désespoir. C’est ce qui nous attend inévitablement dans les mois et les années à venir si on s’entête sur le chemin qu’on veut nous imposer. La situation ne pourra jamais être relevée : les contradictions du système sont trop profondes.

Ainsi, ce système — je n’invente rien en l’affirmant — est condamné à mourir. La question qui se pose à nous, humains, maintenant plus que jamais auparavant, c’est : jusqu’à quel point nous le laisserons tout détruire dans sa chute ?

C’est à nous qu’il incombe de déchirer le voile qui cache le secret morbide du système. La bonne nouvelle est que nous ne serons pas les premiers à le faire. L’inconséquence patente du développement économique — commercial, industriel et financier — est devenu particulièrement manifeste en Europe de la « révolution industrielle », dès la fin du XVIIIe siècle. Dès le départ, des gens se sont dressés massivement contre l’imposture (et l’inhumanité) d’un tel système. Beaucoup y ont laissé leur peau. Mais ils nous ont légué un héritage critique très précieux.

Loin de s’être amélioré depuis, comme on voudrait nous le faire croire, ce système s’est étendu à la totalité du globe terreste. Et l’histoire des XIXe et XXe siècle est caractéristique de cette expansion et des stratagèmes politiques et militaires mis en oeuvre pour juguler la résistance à cette expansion.

Aujourd’hui, moment où toutes les contradictions du système atteignent leurs seuils d’impossibilité — saturation totale de tous les marchés sans expansion possible, explosion de la virtualité monétaire au-delà des capacités de production future, remplacement unilatéral des travailleurs par des machines à un point où il devient pratiquement impossible de créer la moindre valeur, taux de profits globaux en chute libre, mise à sac des ressources naturelles, etc. — jamais l’effort de propagande et de répression n’aura été aussi démesuré, aussi grotesque. Car le système, par le truchement de ceux qui en bénificient, qui ne peut tout simplement pas accepter l’idée de sa propre mort, craint plus que toute autre chose le soulèvement populaire et mettra tout en oeuvre pour le juguler — c’est bien là toute l’ironie, typique de toute paranoïa, qui crée fatalement les conditions de ce qu’elle redoute : c’est précisément ce déni de la réalité qui induit l’escalade de violence insurrectionnelle que les puissants redoutent autant !

Donc, soyons clairs : il n’y aura pas de position confortable dans les années qui viennent. Tout sera fait pour que vous acceptiez servilement les mesures qui nous seront imposées, et pour cela tout sera mis en place pour que vous demeuriez inconscients des conséquences que ces mesures auront éventuellement sur des millions, voire des milliards de personnes (la conscience rendrait la soumission intolérable). Autrement dit, on tentera de vous épargner aussi longtemps que possible la responsabilité de votre propre passivité. C’est probablement, pour l’instant du moins, l’option la plus « confortable » qui vous soit offerte. Mais elle implique que vous soyiez déjà, ou le deveniez rapidement, et demeuriez bien cons.

On ne se contentera pas de vous demander de croire au bien-fondé des restrictions imposées à vos libertés individuelles jusqu’à réduire bientôt celles-ci à néant ; on exigera de vous que vous acceptiez qu’on les impose — de plus en plus violemment — à ceux qui s’entêteront à les refuser. La « bien-pensance » sera appelée à faire beaucoup de mal.

De l’autre côté, et précisément pour ces raisons, la résistance s’annonce extrêmement éprouvante. L’insoumission s’exposera à toutes les violences imaginables : répression sociale, censure automatisée, ban social, confinement forçé, géolocalisation, espionnage, judiciarisation et criminalisation, lourdes amendes, blocage bancaire, déni de services sociaux, d’aide financière ou d’emploi, blacklisting, prison, torture, menaces, persécutions, raids de milices militantes, enlèvements, exécutions, rééducation, psychiatrie, éliminations ciblées, contamination sélective, éliminations de masse, attentats terroristes, euthanasie, etc. Tout cela sous l’oeil bienvaillant et consentant du bon « public ». Bien sûr, une vaste majorité terrorisée désapprouvera en secret. Mais on lui surinera à longueur de journée que tout le monde approuve ces justes châtiments, de sorte à la maintenir dans la terreur des conséquences qui pourraient s’abattre sur la personne isolée qui oserait s’exprimer — même en privé.

D’où l’importance de s’exprimer dès maintenant, ouvertement, contre le régime de tyrannie qui est en train de se mettre insidieusement en place sous nos yeux. Nous risquons certes déjà d’être mis à l’écart, marginalisés, broyés, éliminés du circuit. Mais il est plus que jamais nécessaire de faire témoignage de résistance à la dictature démocratique impitoyable qui se profile à l’horizon. Nous n’arriverons peut-être pas à empêcher son avènement ; mais il est plus que jamais vital de transmettre la critique qui permettra de régler une fois pour toutes les comptes de l’humanité avec ce système pourri. Le plus tôt étant le mieux.

Partager :