L’absurde, le faux et le réel

Texte inachevé.

Voici quelques exemples de non-sens apparents :

  1. Les impôts, ou le suicide de l’État : l’État dépend de ses revenus fiscaux pour fonctionner. C’est la classe moyenne, c’est à dire les employés rémunérés, les travailleurs indépendants et surtout les petites et moyennes entreprises qui fournissent la part du lion des impôts sur lesquels subsiste l’État. Or, les mesures drastiques mises en place avec le théâtre du COVID-19 sapent surtout et précisément dans les capacités économiques de la classe moyenne, la base des revenus de l’État.
  2. La dette : d’un tempérament naturellement grippe-sou quand il est question de programmes sociaux (des années de démarches politiques et de pressions civiques peinent généralement ne serait-ce qu’à maintenir le moindre financement de ces programmes), l’État prend soudainement les devants pour compenser — et pour plusieurs, bien au-delà — la perte de revenus des travailleurs mis au chômage forcé par les mesures de confinement. Tout ça au prix d’un endettement public d’échelle comparable à celui qu’entraînèrent, réparties sur plusieurs années, les mesures de Quantitative Easing qui succédèrent à la crise dite des subprimes de 2008.
  3. Prolongation « absurde » du blocage de l’économie : l’État, docilement défendu par ses chiens de garde que sont visiblement devenus ses nouveaux complices les médias conventionnels, exagère notablement les risques sanitaires — d’une manière frisant le burlesque — pour justifier de faire perdurer le confinement et les mesures de désagrégation des rapports sociaux.
L’absurde : un indicateur de raisons plus profondes

Ce qui nous paraît au premier abord parfaitement absurde est nécessairement le signe de raisons plus profondes qu’on ne perçoit pas encore, mais qui participent en réalité d’un logique implacable. Les causes et leurs conséquences logiques que font apparaître la simple analyse causale sont bien souvent de plus ou moins habiles déguisements d’alibis pour atteindre des objectifs plus profonds. Pour formuler autrement, et par souci de clarté : ce qui nous apparaît comme des causes accidentelles ne sont en fait que des alibis mis en scène pour atteindre des objectifs définis auxquels participent directement les conséquences malheureuses — qui ne sont involontaires qu’en apparence.

Si on osait encore, en 2020, se fier à Hegel, on pourrait, la tête haute, affirmer ceci : l’histoire ne connaît pas d’accident, et le hasard n’est jamais que l’explication de ceux qui n’arrivent pas à saisir les déterminations réelles des phénomènes. On pourrait donc reprendre les observations décrites ci-haut, et les réinterpréter sous cet axe d’analyse. Normalement, une explication rationnelle pleinement opérationnelle devrait arriver à franchir les dos d’âne que sont le ressenti de l’absurdité brute et du non-sens radical, et nous mener sans autres heurts sur le chemin des déterminations effectives de la réalité.

Le faux : un moment du vrai

Mais avant — question de pousser un peu plus loin notre interprétation de l’actuelle crise — montrons que même le mensonge, lorsque rationnellement interprété, nous permet de préciser notre saisie de la vérité. C’est en dernière instance ce mensonge lui-même qui nous permettra de boucler la boucle, de compléter notre incursions au cœur des déterminations du phénomène et, pour ainsi dire, de poser le sceau de la justesse sur l’interprétation rationnelle que nous ferons du scénario observé, en fournissant ni plus ni moins la preuve de la validité de cette interprétation. Car on ne ment (et on ne censure) jamais par hasard. On ment (et on censure) pour cacher une vérité précise : et c’est précisément celle-ci qui nous intéresse !

La calomnie des médias

Car s’il y a bien un phénomène absolument horripilant, c’est la progression hallucinante du niveau de la mauvaise foi dans des publications et des médias qui nous inspiraient encore, il n’y a pas très longtemps, un minimum de confiance. Jusqu’ici, il était couramment reconnu que les journalistes des grands médias se contentaient de mentir par omission pour conserver leur emploi; force nous est de reconnaître qu’ils sont obligés aujourd’hui de recourir carrément à la calomnie et à la diffamation pour couvrir leurs pistes : pris dans une boucle de rétroaction positive pour masquer leurs demis-mensonges précédents, ils mentent désormais sans le moindre détour — passant maintenant du consentement tacite à la prostitution morale intégrale.

Les accusations faites envers ceux qui menacent de révéler l’absurdité totale des mesures drastiques appliquées par l’État — et par ricochet les réseaux de complaisance de l’appareil médiatique — et les raisons qu’on invoque pour justifier qu’on bannisse ces intervenants des médias sociaux et des plateformes de diffusion, ces accusations et justifications sont tellement déraisonnables que c’en serait simplement loufoque, si ce n’était du degré de létalité auquel portent de telles diffamations. Les médias appellent ni plus ni moins au totalitarisme de l’opinion et à son poliçage par la violence de la bien-pensance civique. C’est ce qu’entendait Orwell avec « l’ignorance c’est la force » : ce sont les gens convaincus de détenir la vérité qui refuseront de la voir et écraseront eux-mêmes — avec une violence absolue — ceux qui tenteront de la leur révéler.

Ici plus que jamais, l’apparente bouffonnerie d’un tel comportement devrait être, à l’esprit rationnel, un indicateur de raisons souterraines précises mais invisibles à l’oeil nu, organe qui ne perçoit que l’aspect immédiat, phénoménal des choses. Et c’est, de toutes les absurdités ayant cours, celui qui est le plus intéressant, parce qu’il permet de mettre le doigt sur la nature exacte de ce qui se passe en réalité, comme nous le verrons si j’arrive à conclure ce texte.

Photo : Ryoji Iwata

Rédigé le 19 novembre 2020, publié ou mis à jour le 11 avril 2022.

Published by Bigue Nique

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One thought on “L’absurde, le faux et le réel

  1. « Si on osait encore, en 2020, se fier à Hegel, on pourrait, la tête haute, affirmer ceci : l’histoire ne connaît pas d’accident, et le hasard n’est jamais que l’explication de ceux qui n’arrivent pas à saisir les déterminations réelles des phénomènes. »

    Comme *par hasard*, la cryptographie, branche des sciences de l’information qui repose entièrement sur le déterminisme des phénomènes aléatoires, se préoccupe essentiellement de méthodes d’obfuscation *à la clé*.

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