Masse critique

Un facteur décisif de la dissidence, c’est le nombre. Les médias le savent, et ne manquent pas de laisser croire qu’un consensus écrasant existe dans l’opinion publique en faveur des opinions qu’ils désirent imposer.

Il est primordial d’avoir une idée objective de la proportion de personnes qui font déjà partie de la dissidence, ou qui à tout le moins se posent des questions (ce qui est un début). J’ai donc fait une petite recherche rapide pour récolter les données disponibles à cet effet. Et j’étais assez soulagé de constater que nous semblons être beaucoup plus nombreux qu’on aurait tendence à le penser ! Voici les chiffres tout compte fait assez encourageants sur lesquels les derniers sondages publiés nous renseignent. Et tout semble indiquer que ces chiffres sont en progression constante.

Gardez en tête que l’histoire semble nous indiquer qu’il suffirait de mobiliser 3,5% d’une population pour renverser une dictature !

Compilation en cours

Dernière mise à jour : 17 septembre 2020

  • 73,4% des Canadiens de de 18 à 44 ans n’affirment pas « faire confiance aux autorités » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 73,2% des Canadiens n’affirment pas « faire confiance à leur gouvernement » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 59,4% des Canadiens de plus de 65 ans n’affirment pas « faire confiance aux autorités » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 50+% des Québécois n’affirment pas « faire confiance à leur gouvernement » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 47,5% des Canadiens de 18 à 44 ans croient que « le gouvernement [leur] cache des informations » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 46% des Canadiens « adhéraient à des théories du complot » « à la fin du mois de mai » (Le Journal de Québec, 20 juin)
  • 39% des Canadiens admettent « avoir violé au moins une règle imposée » — semblant « de plus en plus prêt[s] à ne pas suivre toutes les règles » (La Presse canadienne)
  • 35% des Canadiens de 18 à 44 ans croient que « le coronavirus a été créé en laboratoire » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 33% des Québécois admettent « avoir violé au moins une règle imposée » — une progression de 7% en trois semaines (La Presse canadienne, 12 mai)
  • 33% des Québécois sont insatisfaits de « la gestion de François Legault » « depuis le début de la crise de la COVID-19 » — une progression de 28% depuis les premières semaines de la crise (La Presse canadienne, 12 mai)
  • 32,5% des Canadiens « pensent que le coronavirus a été créé en laboratoire » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 26,6% des Canadiens de 65 ans et plus croient que « le gouvernement [leur] cache des informations » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 25% des Canadiens « croient que le virus est une arme biologique créée dans un laboratoire en Chine » (Le Journal de Québec, 20 juin)
  • 19,6% des Canadiens de 65 ans et plus croient que « le coronavirus a été créé en laboratoire » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 19,3% des Canadiens de 18 à 44 ans croient que « les compagnies pharmaceutiques sont derrière la pandémie » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 18,6% des Québécois « pensent que le coronavirus a été créé en laboratoire » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 15,7% des « autres Canadiens » (non-Québécois) « croient au complot entourant la 5G » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 15,1% des Canadiens de 18 à 44 ans croient qu’« il y a un lien entre la 5G et la COVID-19 » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 15% des Canadiens sont « d’avis que l’industrie pharmaceutique est à l’origine de la pandémie » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 11% des Canadiens « estiment que la maladie n’est pas grave et qu’elle a été propagée pour cacher les présumés effets nocifs sur la santé de la technologie 5G » (Le Journal de Québec, 20 juin)
  • 7,8% des Québécois « croient au complot entourant la 5G » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 7,7% des Canadiens de 65 ans et plus croient qu’« il y a un lien entre la 5G et la COVID-19 » (Radio-Canada, 22 avril)
  • 7% des Canadiens de 65 ans et plus croient que « les compagnies pharmaceutiques sont derrière la pandémie » (Radio-Canada, 22 avril)

Ce qui nous unit est précisément ce qui nous distingue de ceux qui veulent nous diviser : voilà notre ennemi désigné.

Sources : Canada

22 avril (Radio-Canada)

Source : Jeff Yates, COVID-19 : les théories du complot gagnent du terrain, selon un sondage, Radio-Canada, 22 avril 2020

Notre bon camarade Jeff Yates, qui « fait de la désinformation sa spécialité journalistique » (on ne saurait mieux dire) cite « les résultats préliminaires d’une recherche menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke » effectuée sur un échantillon de « quelque 300 Québécois et autant de Canadiens vivant dans d’autres provinces ». Comme on peut s’attendre de la part de tout journaliste moderne, et d’autant plus naturellement de celui occupé quotidiennement à démentir systématiquement toute opposition au mensonge d’État, certaines affirmations qu’on y trouve sont radicalement contradictoires. Il semblerait également que notre « inspecteur » se soit ici laissé emporter dans son zèle à montrer la menace croissante que constitue la montée des « conspirationnistes », nous fournissant probablement les chiffres les plus précis publiés jusqu’ici dans les médias officiels. Voici quelques chiffres évoqués.

Près d’un Canadien sur dix croirait aux théories du complot entourant la pandémie de COVID-19

Un sur dix ? — alors que la proportion franchit au moins les 35%, si on se fie au données évoquées un peu plus loin. Un sondage du mois de mai fixera d’ailleurs ce nombre à 46% — ce qui est bien plus près d’un sur deux (voir plus bas, l’article du Journal de Québec du 20 juin) ! N’osant remettre en question l’intégrité professionnelle de notre honorable terrasseur de fausses nouvelles, j’aurais plutôt tendance à supposer une erreur du typographe, ouvrier aux mains sales n’étant pas salarié pour penser, lequel a dû confondre « deux » avec « dix » — nombre qui devait lui sembler bien plus conforme à la vérité telle qu’il la met quotidiennement en page…

Selon le sondage, près d’un Canadien sur deux croit que le coronavirus n’est pas naturel, et 15 % est d’avis que l’industrie pharmaceutique est à l’origine de la pandémie, entre autres.

Bon. À moins que la thèse du virus artificiel ne soit pas considérée comme une « théorie du complot » ?

Le sondage révèle une différence marquée entre les Québécois et la population du reste du pays. Entre autres, près de 50 % des Québécois affirment faire confiance à leur gouvernement, contre seulement 26,8 % des Canadiens.

Cela se traduit par une plus grande adhésion aux théories du complot à l’extérieur du Québec. À titre d’exemple, seulement 7,8 % des Québécois sondés croient au complot entourant la 5G, contre 15,7 % des autres Canadiens. De plus, seulement 18,6 % des Québécois pensent que le coronavirus a été créé en laboratoire, par rapport à 32,5 % des Canadiens.

Yates doit souffrir du traumatisme de la péréquation canadienne : il nous disait un peu plus haut que « près d’un Canadien sur deux » croyait que le virus n’était « pas naturel ». Si on ajoute 18,6% des Québécois aux 32,5% des Canadiens, ça fait bien 51,1%, mais c’est pas comme ça que les statistiques marchent, Jeff. Ou bien son interprétation de « Canadiens » change selon le besoin éditorial du moment : ici ce serait l’ensemble des « 300 Québécois et autant de Canadiens vivant dans d’autres provinces ont répondu à un sondage », là seulement ces 300 derniers ? Ce qui pourrait nous donner un moyenne ( 18,6% + X ) × 300 ÷ 600 = 32,5% pour l’ensemble des sondés, telle que X = 32,5% × 600 ÷ 300 – 18,6% = 46,4% pour les « autres » Canadiens seulement. Plus logique, mais pas franchement honnête non plus. Sinon il nous reste l’hypothèse du virus artificiel créé hors laboratoire. Via un pangolin en peluche, peut-être ? Ce serait encore plus tordu, mais faut pas oublier qu’on a affaire à quelqu’un dont la profession est de faire croire tout ce que les médias nous disent, ce qui implique un certain nombre des distortions cognitives.

Il faut aussi garder en tête que les Québécois ne représentent plus aujourd’hui que 22,6% de la population canadienne (en 2019). Donc, selon la méthode de comparaison utilisée, en admettant l’hypothèse selon laquelle les Québécois pensent différemment des autres Canadiens, il est probable que la moyenne nationale soit plus ou moins élevée qu’elle n’apparaît ici.

Les jeunes semblent aussi plus portés à adhérer aux théories du complot. Seulement 26,6 % des 18 à 44 ans affirment faire confiance aux autorités, contre 40,6 % des plus de 65 ans.

Pourcentage de certains groupes d’âge se disant d’accord avec les affirmations suivantes :

« Le gouvernement me cache des informations »

18 à 44 ans : 47,5 %
65 ans et plus : 26,6 %

« Le coronavirus a été créé en laboratoire »

18 à 44 ans : 35 %
65 ans et plus : 19,6 %

« Les compagnies pharmaceutiques sont derrière la pandémie »

18 à 44 ans : 19,3 %
65 ans et plus : 7 %

« Il y a un lien entre la 5G et la COVID-19 »

18 à 44 ans : 15,1 %
65 ans et plus : 7,7 %

Ces « résultats préliminaires » sont commentés par Marie-Ève Carignan, professeure au Département de communication de l’Université de Sherbrooke. On retrouvera celle-ci quelques semaines plus tard lorsqu’elle interviendra dans un article assorti d’un interview télé publié simultanément le 20 juin sur TVA Nouvelles et le Journal de Québec, deux médias de Québécor (voir plus bas).

Je n’ai pas retrouvé de traces de cette étude sur le site de l’Université de Sherbrooke.

25 avril (TVA Nouvelles)

Source : Pandémie et explosion de désinformation: gare aux théories du complot, TVA Nouvelles (via Le Journal de Montréal), 25 avril 2020

12 mai (La Presse canadienne)

Source : Lina Dib, Sondage: les Québécois moins satisfaits de Legault, La Presse canadienne, 12 mai 2020

Évolution à la baisse du taux de satisfaction du gouvernement Legault :

Depuis le début de la crise de la COVID-19, les Québécois avaient manifesté leur grande appréciation de la gestion de François Legault ; un taux de satisfaction allant de 91 % à 95 % a été enregistré pendant les six premières semaines.

Ce taux est passé à 88 % la semaine dernière et le voilà qui chute à 77 %.

Désobéissance croissante :

À la huitième semaine, un Québécois sur trois — 33 % — admet avoir violé au moins une règle imposée. Ce n’était qu’un Québécois sur quatre — 26 % — il y a trois semaines. Et si le Québec suit la même courbe que le reste du Canada, étant de plus en plus prêt à ne pas suivre toutes les règles, il est quand même en deçà de la moyenne nationale de 39 %.

17 mai (TVA Nouvelles)

Source : Étienne Paré, Les théories du complot pourraient encore gagner en popularité, TVA Nouvelles, 17 mai 2020

20 juin (Le Journal de Québec)

Source : Kathryne Lamontagne, COVID-19: désinformation d’une ampleur inégalée depuis le début de la crise, Le Journal de Québec, 20 juin 2020

Selon un sondage réalisé à la fin du mois de mai par l’Université Carleton, à Ottawa, 46 % des 2000 Canadiens interrogés adhéraient à des théories du complot ou de fausses informations concernant le coronavirus.

Le quart des répondants [~25%] croient que le virus est une arme biologique créée dans un laboratoire en Chine, alors que 11 % estiment que la maladie n’est pas grave et qu’elle a été propagée pour cacher les présumés effets nocifs sur la santé de la technologie 5G.

Parmi les commentateurs cités, on retrouve :

  • Jonathan Jarry, communicateur scientifique pour l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill
  • Marie-Ève Carignan, professeure au Département de communication de l’Université de Sherbrooke
  • la chercheuse Ève Dubé (apparemment une collègue de Carignan)
  • Colette Brin, directrice du Centre d’études sur les médias

1er août (Le Devoir)

Source : Marco Bélair-Cirino, La pandémie a profité à la prolifération de la pensée complotiste, Le Devoir, 1er août 2020

3 août (INSPQ)

Source : Institut national de santé publique du Québec, COVID-19 – Pandémie, croyances et perceptions : Sondages sur les attitudes et comportements de la population québécoise (document PDF), 3 août 2020

Auteurs : Ève Dubé, Denis Hamel, Louis Rochette, Maude Dionne, Mélanie Tessier, Annie Gauthier, Institut national de santé publique du Québec

12 septembre (Radio-Canada)

Source : Le Téléjournal avec Pascale Nadeau, La COVID-19 poursuit sa progression au Québec, 12 septembre 2020

Des experts constatent un relâchement depuis le début de la pandémie. Si en mars 83% des Canadiens évitaient les rassemblements, se tenaient à 2 mètres l’un de l’autre et se lavaient fréquemment les mains, ils n’étaient plus que 56% à le faire au mois de juin, selon une étude.

17 septembre (Le Journal de Montréal)

Source : Simon Baillargeon, Chute de la confiance envers la gestion de la crise, Le Journal de Montréal, 17 septembre 2020

Au moment où les nouveaux cas de COVID-19 sont en hausse dans la province et que le mouvement de contestation gagne du terrain, la confiance des Québécois envers la gestion de la crise par le gouvernement Legault a chuté de 6 % en seulement trois mois, révèle un sondage.

Établi à 74 % en juin dernier lors d’un premier coup de sonde, le niveau de satisfaction de gestion de la crise par le provincial est tombé à 68 %.

On note également une baisse de 4 % de la confiance des Québécois concernant les différents paliers de gouvernement.

Le niveau de confiance général envers le provincial s’établit désormais à 66 %, contre 62 % pour le municipal et 56 % pour le fédéral.

Le niveau de respect des lois par les répondants a notamment diminué de 2 %, pour s’établir à 82 points.

Sources : France

Voici pour ceux que cela pourrait intéresser quelques sources que j’ai trouvées pour la France qui avancent quelques chiffres, mais je n’ai pas pris le temps de les analyser et de les mettre en contexte.

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Published by Bigue Nique

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